Marine Pierrot Plenard
27 juillet 2018

Logiciel open source, facteur clé de croissance

C’est la possibilité de libre redistribution, de création de travaux dérivés et d’accès au code source.

Open source

L’open source s’applique à de nombreux domaines. C’est la possibilité de libre redistributionde création de travaux dérivés et d’accès au code source de logiciels. Ces critères de définition sont ceux établis par l’OSI (Open Source Initiative).

Cela signifie donc que l’utilisation et la modification du code source est possible pour tous dans le cas d’un logiciel open source.

La constante amélioration du code source est un facteur clé pour l’open source. Il permet une plus grande réactivité lors de bugs, un service constamment amélioré et une plus grande sécurité. C’est une vraie mutualisation du savoir dans la communauté des développeurs qui allie collaborationexpérimentationinnovation et agilité !

C’est Eric Raymond qui est à l’origine de l’open source en 1998. Il s’oppose au logiciel libre qui prône la liberté première des utilisateurs du logiciel. L’open source ne voit pas d’inconvénient à l’utilisation de systèmes combinant des logiciels dont la modification n’est pas possible et des logiciels dont sa distribution et sa modification est libre (open source). A certains égards, l’open source est un mouvement humaniste. Il considère que le logiciel est, à la manière de la connaissance scientifique, une forme de patrimoine de l’humanité, un bien commun que les développeurs enrichissent collectivement, pour le bien être de tous.

L’open source a permis une baisse des coûts considérables menant à des logiciels plus abordables. Les start-up sont les premières à bénéficier de cette baisse des coûts, abaissant les barrières à l’entrée. Ce progrès conduit à de nombreux bienfaits. Le premier est l’accroissement de création d’entreprises innovantes. Pour celles déjà existantes, l’open source leur a permis d’être plus compétitives.

 

Deux notions distinctes sont en jeu lorsque l’on parle d’Open Source

 

Le logiciel libre et Open Source :

Le logiciel libre a été inventé dans les années 80 par la Free Software Foundation de Richard Stallman. Son principe est la libre étude, utilisation, et modification d’un logiciel en contribuant à son code source. Son souhait principal pour lui étant de protéger la liberté première des utilisateurs du logiciel. « Think of free speech, not free beer ».

D’autre part, l’Open Source : axé sur les enjeux pratiques et la performance. Il met en évidence une méthode de développement et de diffusion collective. Elle est basée sur la centralisation du logiciel. Grâce à l’Open Source, la coopération entre les entreprises et la communauté Open Source s’est largement développée. La propagation des logiciels a dans le même temps beaucoup évolué.

Ces deux catégories de logiciel sont très similaires, mais ce qui oppose depuis toujours les deux théories sont les valeurs derrière chacune de ces notions.

 

L’open source est présente dans de nombreux domaines

Open Innovation

L’open source a permis une nouvelle approche de la R&D. Un bel exemple est donnée par le projet open source Genivi, qui a l’initiative de BMW et PSA a réuni des grands constructeurs automobiles et équipementiers dans une démarche de R&D. Cette association a conduit à une plateforme logicielle destinée aux véhicules des deux marques. Pour la bonne réussite de ce projet, ces grands industriels ont adopté le modèle open source. Le principe d’open source a été mis en place en termes de développement, de diffusion, mais aussi de gouvernance.

Ces démarches appelées parfois « open innovation » ont montré les bénéfices d’une innovation fonctionnant en réseau, plus ouverte sur le monde. Résultat de cette collaboration entre BMW et PSA : de nombreuses initiatives comme celle d’Audi. Ce constructeur automobile a organisé un concours pour imaginer la voiture de demain.

Open hardware

L’open source s’est également propagé au matériel, sous l’appellation de « open hardware ». Il s’agit ici de partager les plans de circuits et d’équipements entiers. Le projet Arduino est un  bel exemple d’open hardware. Ce microcontrôleur programmable a été totalement créé en open source. Il peut être adapté pour toutes formes de traitement du signal.

Open médecine ?

Ces systèmes touchent aussi le domaine médical. Ils gagnent par exemple la recherche en médecine. Merveilleux exemple de matériel et de logiciel en libre accès associé à une démarche de recherche : des chercheurs ont développé Raven, un robot chirurgien open source, mis à disposition des équipes de recherche du monde entier afin de faire progresser les logiciels et technologies de chirurgie assistée.

L’open source, gage de la souveraineté de l’Etat

Mounir Mahjoubi, secrétaire d’Etat chargé du numérique était l’invité d’honneur de l’Open Source Summit. Il a rappelé l’importance de l’open source dans la modernisation du service public. « L’open source occupe une place de plus en plus importante au sein de la Dinsic [la Direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’Etat, NDR] avec des agents publics contributeurs à temps plein. »

Arriver à 100% des démarches publiques numérisées d’ici 2022, c’est l’objectif de Mounir Mahjoubi, secrétaire d’Etat chargé du Numérique. Cela se fera notamment par un recours généralisé à l’open source.

 

 

Il prend comme exemple le marché public simplifié. Mis en place dans certaines régions, il permet à une entreprise de participer à un marché en entrant seulement son numéro de SIRET. Cette démarche conduit à plus de transparence quant au choix de l’entreprise.